Oeuvres choisies. Vol. 2. La vision béatifique

Dans ce traité de la fin du
XIII<sup>e</sup> siècle, le dominicain
allemand veut résoudre de
manière strictement philosophique
le problème traditionnel de la
vision béatifique. Cette démarche radicale qui, à elle seule, mériterait
déjà d'attirer la curiosité scientifique n'épuise cependant pas tout le
potentiel d'intérêt historique que recèle le De visione beatifica. Lorsque,
dès les premières lignes, l'auteur prétend que, quand ils parlent de
l'intellect agent les philosophes péripatéticiens visent ce qu'Augustin
entendait en parlant du «fond secret» de l'esprit ( abditum mentis ),
le lecteur se rend immédiatement compte que les catégories
historiographiques traditionnelles vont être mises en crise. Si, de plus, on
tient compte du rôle que joue Averroès dans l'ensemble de l'oeuvre du
dominicain, la conclusion s'impose : on va devoir réviser la taxinomie des
écoles philosophiques médiévales, si l'on veut la situer dans une histoire de
la réception de la philosophie antique et arabe.