Félix Gaillard : 1919-1970 : un destin inachevé

Il y a vingt ans, le 9 juillet 1970, Félix Gaillard périssait en mer au large des côtes bretonnes. Le lendemain du drame, le président de la République, le premier ministre, la presse rendaient hommage à l'homme d'Etat dont la "disparition amputait notre vie nationale de précieuses promesses" (Jacques Chaban-Delmas).
Mais Gaillard tombe vite et injustement dans l'oubli : inspecteur des Finances, responsable national de la Résistance, chef de cabinet de Jean Monnet, député de la Charente de 1946 à sa mort, sous-secrétaire d'Etat, secrétaire d'Etat dans quatre ministères successifs, ministre des Finances à trente sept ans - seul Joseph Caillaux était moins âgé - président du Conseil du 6 novembre 1957 au 16 avril 1958 - il est alors le plus jeune chef de gouvernement de la République - Félix Gaillard incarne bien, en effet, les élus d'après-guerre dont quelques-uns seulement ont été appelés à diriger le pays. Son histoire donne des lumières sur une période singulièrement fertile en évènements : le désastre de 1940, le combat contre l'occupant, la Libération, le régime né des hostilités, la cinquième République du général de Gaulle et de Georges Pompidou.
Gaillard qui soutient puis s'oppose à de Gaulle, se rapproche, dès 1969, de son successeur... et du pouvoir. La rentrée politique de l'ancien président du Conseil était prévue pour l'automne 1970, mais il meurt tragiquement au début de l'été. Il n'avait que cinquante ans, et son destin reste inachevé.