Je sais qu'une vie m'attend : poèmes

Afin que ta mémoire, gardienne de ce temps
Redessine demain, pour toi seule, en tes rêves
Le paysage âpre de ce dernier été
Saison cruelle dont les fruits avortés
Ont éclaté trop vite en grenades de sang...
Comment oser la poésie ?
Comment nous vient la poésie,
cet écho en soi-même des tumultes du monde et de l'être ?
Nadia Alcaraz , tout au long de ses parcours, de ses engagements, de ses voyages
a laissé les mots chanter en elle les questionnements, les indignations et les plages
sereines de la mémoire. Aujourd'hui elle propose un recueil de ces textes égrenés au
fil d'une vie, depuis l'intolérable déchirement du départ d'Algérie, ce pays de l'enfance
dont elle est restée profondément imprégnée, jusqu'à ce temps d'aujourd'hui où la
retraite la ramène à l'écriture.
Aucun thème précis ne réunit ces poèmes. Ils sont des jaillissements en réponse à un
désir soudain d'écrire, de dire... Désir inexpliqué de laisser les mots aller plus loin
que la perception rationnelle du monde.
Écriture inégale, parfois maladroite mais aussi intensément féminine et rebelle.
Une trace laissée sur le sable des jours par «une éternité d'éphémère», juste pour
exprimer cette parcelle infime qui en chacun de nous, se réclame de l'humanité.
Travailleuse sociale, mais également professeur de danse et de théâtre, responsable
pendant dix ans d'une compagnie militante sur la place de Rennes, Nadia a toujours
combattu farouchement le racisme, les discriminations et les injustices, sous toutes
leurs formes.
La voie poétique est toute autre. Démarche personnelle, intime, parallèle au
cheminement de la réalité, elle est comme une autre respiration, un souffle second
venu des profondeurs et qui impose à l'auteure, toujours, une forme de vigilance en
lui interdisant la résignation.