Seigneurs de la nuit

Du siècle des Lumières, on a retenu l'image
d'une raison glorieuse qui occulte les passions
humaines. Ainsi croit-on que cette période de
l'histoire fut aussi paisible qu'une chandelle se
consumant sur une table d'étude. Mais c'est
oublier que, sous l'image trop lisse, brûle en
secret une flamme insaisissable éclairant
Casanova, Cartouche, Cagliostro. Il suffit de
songer à ces trois légendes pour voir apparaître
un tout autre XVIII<sup>e</sup> siècle, transformé en une
scène luxuriante où des idoles interdites l'emportent
sur les austères icônes de la science.
De Venise à Lisbonne, ces trois récits se déroulent
au rythme des vies sulfureuses du
Séducteur, du Bandit et du Mage. Trois vies
différentes qui épousent pourtant la même
forme, celle d'un superbe croissant de lune, à
l'image des initiales de leurs noms et qui
demeure le symbole éblouissant des «seigneurs
de la nuit».