Les ruines et chroniques de l'abbaye d'Orval : esquisse morale, religieuse et chevaleresque de l'histoire de l'ancien comté de Chiny

C'est au milieu de cette forêt, que les défrichements
ont respectée, presque jusqu'à présent ; c'est dans une
de ses gorges, la plus reculée et sans doute la plus sauvage
autrefois, que quelques Ermites d'abord (du VI<sup>e</sup> au
XI<sup>e</sup> siècle), et ensuite cinq Moines Bénédictins, venus
de Calabre, et accueillis par notre cinquième comte
Arnoux II de Chiny (vers l'an 1071), ont jeté les fondements
de cette thébaïde célèbre, dont on vient encore,
de toutes parts, contempler le squelette noirci et rougeâtre,
carcasse encore béante, après cinquante ans de
destruction.
Nous allons pénétrer dans cette vallée sombre ; assis
sur les ruines de la mystique Palmyre, nous demanderons
à chaque pierre de nous révéler son secret : nous
interrogerons l'écho de ses solitudes, et il nous dira
l'histoire des temps écoulés.
M. Jeantin
1857.