Mémoires de mon père

Que reste-t-il aujourd'hui de Roger Ikor, Prix Goncourt
1955 pour son roman Les Eaux mêlées - un prix qui, s'il
lui apporta la gloire, fit toute sa vie écran au reste de son
oeuvre ? À partir de la relecture des écrits de son père,
à travers le souvenir vivace qu'il conserve de lui, Olivier
Ikor se propose de tracer à petites touches le portrait d'une
figure méconnue et attachante de l'histoire intellectuelle
du XX<sup>e</sup> siècle.
Mémoires de mon père raconte le destin de ce fils de petits
commerçants juifs d'Ukraine, fuyant les pogroms au début
du siècle dernier pour venir s'établir en France, la
trajectoire exceptionnelle de cet enfant du peuple et de
la méritocratie républicaine, condisciple d'Aimé Césaire, de
Jacqueline de Romilly et Georges Pompidou sur les bancs
de l'École normale supérieure, le parcours exemplaire d'un
homme demeuré toute sa vie fidèle à des valeurs et à des
idées de gauche.
Jouant des genres littéraires pour évoquer Roger Ikor
en toute liberté, n'hésitant pas à l'apostropher, par-delà
la mort, afin de renouer les fils d'un dialogue trop tôt
interrompu, masquant sa pudeur derrière une désinvolture
feinte au moment d'évoquer des souvenirs familiaux parfois
douloureux, Olivier Ikor a trouvé le ton juste pour rendre
à son père le plus beau - car le plus sincère - des hommages.