Le laboratoire du cerveau psychologique : histoire et modèles

La physio-psychologie d'Auguste Comte, directement inspirée par la phrénologie
de Gall, s'oppose à une psychologie traditionnelle des facultés : selon Kant, la différence
entre sensibilité, entendement et raison justifiait une description proprement
psychologique de l'activité mentale de l'esprit humain. La psychologie des facultés
est le contraire d'une physio-psychologie des fonctions, mais leurs modalités de
description de l'esprit humain entretiennent entre elles une communication.
Une certaine histoire voudrait imposer la thèse d'une indépendance de la psychologie
par rapport à la physiologie, la biologie, la neurologie ou encore la génétique.
Pourtant l'étude des troubles neurologiques, des neuropathies du développement
du cerveau de l'enfant prématuré, des psychopathologies des affects et des lésions
actualise aujourd'hui encore l'interrogation sur la relation esprit-corps-cerveau.
Bernard Andrieu montre comment la description des composants physiques du
cerveau ne tient pas compte des états psychologiques, n'analysant ces composants
qu'en eux-mêmes et dans leurs relations. La psychologie deviendrait inutile par ce
type de réduction de l'esprit au cerveau. Face à ce programme naturaliste dominant
d'une neuropsychologie cognitive, le cerveau psychologique définit une
méthode non réaliste et instrumentaliste : s'il reconnaît la constitution du mental
par ses conditions physiques, il décrit l'autonomie de la pensée.