Comme si le Rien était

Dans le livre de Jean-Damien Roumieu il y a soixante-deux poèmes : tous
un peu éclatés, sans grandiloquence, qui ont en apparence la modestie du
poème assez bref. Mais cette concision extrême génère invariablement
et mystérieusement «L'instant // Un rideau blanc // dans la lumière du
matin». Dans une langue de pur cristal, pas de résistance à la référence
à l'autre (la préférence). Elle peut être le tout incontestable qui était et
reste celle qui brille et ne fait jamais d'ombre : «C'est par ton sein / que
j'étincelle / par ta lèvre / que j'énonce / le presque-rien / qui me pénètre
... Même la nuit / tu es mon jour // Une saison outre l'hiver» . Face
aux pérégrinations du monde qu'il sonde par des fulgurances au vertige
du verbe (Comme si le rien était) Jean-Damien Roumieu, exorcise
le mystère : «Je suis / pétale du rosier // Le Rien s'embrase / à mon
approche // Je jette à terre / mon armure // Je n'attends approbation /
réprobation // Ce que j'attends / le dévoilement / de la figure / la mise
à nu de l'absolu».
Rio Di Maria
Natif de l'Ariège, fait à Toulouse des études d'histoire de l'art, mais s'engage
bientôt auprès d'enfants handicapés, de réfugiés du Sud-Est asiatique,
d'enfants de cités défavorisées. Il fait ses premières armes en poésie avec le
groupe de la revue Sud, à Marseille, qu'il fréquenta régulièrement durant
six ans.
Plus tard, revient à ses premières aptitudes, pratiquant le métier de critique
d'art. À présent à la retraite, vit près d'Avignon en compagnie de son
épouse. Attentif à toutes manifestations de la vie autour de lui, il parcourt
vignes et champs.
Il aime aussi être entouré par le murmure de la foule, et devise à n'en plus
finir sur l'humain, son présent, son avenir.
Il a été encouragé par des poètes tels que Eugène Guillevic, Léopold Senghor,
Mario Luzi, et pour ses essais philosophiques - Utopie et Non-violence -
par Élie Wiesel, Edgar Morin, Théodore Monod, Hubert Reeves...