Art-image-histoire, le faux et la fiction : actes du colloque, 23-24 mars 2004, IUFM d'Auvergne, Clermont-Ferrand

Faux et fiction constituent pour l'histoire une interrogation majeure : quelle place leur accorder
en regard du contrat de vérité de l'histoire ? Le faux renvoie classiquement à la contrefaçon
et au mensonge, à l'image trafiquée mais il fonde aussi des représentations artistiques qui
prennent rang de vérité. Le faux en art, lui-même, peut parfois, ainsi certaines oeuvres
données comme des Mondrian, être confondu avec le vrai. La fiction renvoie à l'invention.
La présence de la fiction est nécessaire dans l'histoire car tout n'y est pas répété. Les blancs
de l'histoire, le rôle du hasard impliquent la nécessité d'un certain degré d'imagination.
L'histoire se nourrit de légendes, de mythes, de héros, toutes figures qui ont un lien avec la
fiction. Au sein de l'histoire s'élaborent des fictions qui, un moment, tiennent lieu de vérité.
L'art se les réapproprie parfois créant indirectement un nouvel objet historique porteur d'une
vérité. L'enseignement de l'histoire lui-même, dans sa visée pédagogique, par des processus
de condensation qui lui donnent une parenté avec l'art, est parfois créateur de fictions qui,
consommées longtemps, prennent un statut de vérité indiscutable. Mais dans ces fictions
mêmes gît une vérité, telle dans la légende du vase de Soissons le retour à un certain ordre.
Faux et fiction sont au coeur des rapports entre Art et histoire. Une certaine iconographie
crée des fictions iconiques qui alimentent l'histoire. Le faux et la fiction peuvent produire des
vérités historiques. L'histoire elle-même se diffuse à travers la fiction : une peinture, un film,
un roman peuvent être documents historiques et objets d'histoires. L'art, le roman, le film, le
théâtre font subir à l'histoire et aux textes d'historiens des processus de fictionnalisation.