Tout : dada, virsma, fluxus : de la définition de Dieu, à l'élevage de vers à soie

En sept chapitres d'une rigueur magistrale, Robert Giacomel décline Tout.
Au-delà de la pensée il s'affronte à la certitude et au doute.
Tout est-il dans Tout ?
Sans doute pas, mais beaucoup !
La majorité de Tout se trouve dans cette oeuvre qui rassemble Tout et l'exprime.
Tout se doit de transgresser les codes qu'il impose.
L'utilisation de Tout n'est ni élément fondateur de l'oeuvre, ni même un moyen de
projection. Sur la feuille, sur le mur pour la fresque ou par le volume pour la sculpture
ne s'installent que des interstices illusionnistes, des fenêtres entrouvertes.
L'expression de Tout est celle qui formule la force de l'autorité. Qu'elle soit politique ou
décorative, abstraite, figurative ou conceptuelle, elle correspond par nécessité et par
nature à l'euphémisme du pouvoir.
Tout se constitue en un débat ontologique entre vide et l'absence de concept.
Tout ne limite pas sa démarche en un monologue entre lui et lui-même, ni en un discours
qui l'établirait au centre de l'univers.
Tout s'aménage comme un augure soumis par l'interprète.
Tout est le médium nécessaire et souverain du dialogue entre le créateur et celui qui
s'observe, il n'en est pourtant pas l'élément suffisant.
Tout se distingue par la volonté de rompre avec le réel, il peut contourner les systèmes
sans à son tour s'imposer comme un système.
Tout prescrit de conduire l'action à s'interroger sur le sens, sur le pouvoir que chaque
groupe définit puis inflige.
Tout sait ce qu'il doit détruire pour survivre.
Tout est une image de la réalité par l'acceptation de faits et d'états par la majorité.
Les méandres du tangible se perdent et se dispersent dans les intérêts des pouvoirs.
Tout n'impose pas d'axe particulier ou plutôt il se prescrit de ne pas contraindre le
propos à la répétition de représentations, quelles qu'en soient les aptitudes et les valeurs.
Tout enseigne et se perpétue. Il s'auto-alimente, se congratule, se spécule et s'étouffe.
Tout impose la fragilité, la non réponse à ce qui n'est pas une affirmation.
Tout se constitue en un débat originel entre vide et absence de concept.
Tout peut-il exister sans message en dehors de tout sens, objet présent pour lui-même et
en lui-même ?
Tout n'est pas l'affirmation de la vacance. Il est exaltation de l'absence de sens, de
l'inutilité de l'étant sans profit pour l'avoir, qui va se cristalliser dans une révolte pour lui
permettre de prendre le pouvoir puis de se magnifier par la toute puissance de ses
contempteurs.
Tout constitue l'improbable illusion de nos questionnements, Tout repère, compose le
constat des désirs, Tout révèle la substance.