Chant de la vielle : prose et poésie occitanes en Bergeracois

Si je me sépare d'elle, eh ! que ferai-je ?
Et si je demeure, je ne le sais pas plus.
Hier je l'aimais bien ; aujourd'hui deux fois plus.
Ainsi ne fait que croître mon inclination.
Si'm part de lieys, e ! que faray ?
E si remanh, tan pauc o say.
Ben l'amav'ier ; huey l'am dos tans :
Aissi's vai doblan mos talans.
Des troubadours à nos jours, l'écrit occitan en Bergeracois a traversé
près de mille ans. Les maillons de sa chaîne de transmission,
affaiblis parfois par le combat mené par le Pouvoir central et les
classes hégémoniques, relancés lors de périodes plus favorables, ont
toujours gardé leur vigueur, assurant, au cours des siècles, la pérennité
de la poésie et de la prose en langue d'oc.
Depuis les textes tirés des Jurades de la ville de Bergerac , l'occitan,
n'étant plus enseigné, est passé lentement de l'écriture savante à la
transmission orale, puis à une semi-clandestinité. L'époque moderne
a vu se produire un mouvement de renaissance. Amorcé par le Félibrige
(1854), amplifié par l'Institut d'Études Occitanes (1945), il s'est
accompagné d'une prise de conscience des intérêts spirituels et
matériels de l'Occitanie.
Cette anthologie de vulgarisation, choix de textes et d'auteurs
représentatifs des diverses époques, panorama de la langue et de la
littérature d'oc en Bergeracois, nous fait découvrir des poètes et des
écrivains dont la plupart sont estimables et quelques-uns du meilleur
niveau. Tous constituent un jalon indispensable à la connaissance de
la culture d'oc.