Blaise Cendrars : un imaginaire du crime

Des poèmes des débuts aux ultimes publications
des années cinquante en passant par
les romans, les reportages et les livres
autobiographiques, l'oeuvre de Blaise Cendrars
s'est constamment placée sous le signe d'un
imaginaire du crime à multiples facettes. Si ce
dernier a largement contribué à façonner l'autoportrait
bien connu de l'auteur en tête brûlée, son rôle
au sein de l'oeuvre ne s'est nullement limité à
alimenter la légende. Le crime a également permis
à l'écrivain de rendre compte de sa conception
particulière de la création littéraire, de ses enjeux - l'appropriation de
l'autre - et de ses pouvoirs - de refaçonnement identitaire -, voire des
impasses auxquelles elle a pu se trouver confrontée. À ce titre, l'imaginaire
du crime constitue l'un des foyers de cohérence majeur de la production de
l'auteur de Panorama de la pègre. Il s'agissait dès lors de rendre compte de
cette donne décisive en lui consacrant une approche spécifique, qui
permette non seulement de couvrir l'oeuvre de façon globale, mais aussi
d'en aborder certains à-côtés encore peu étudiés.