Quand les centenaires seront jeunes : l'imaginaire de la longévité de l'Antiquité à nos jours

Jeunes et en bonne santé : à cent ans, à cent cinquante,
à deux cents ans... L'histoire s'accélère et l'imaginaire
de l'avenir promet à la fois le meilleur et le pire.
Demain la Terre sera invivable (le réchauffement global)
ou verra par contre l'épanouissement biologique de
l'homme, destiné à devenir «presque» immortel. Un
arsenal scientifique et technologique impressionnant
est mis au service d'un projet qui hante l'humanité
depuis l'Antiquité et qui s'est déjà exprimé par un riche
éventail de solutions. En Chine, les taoïstes misaient sur
les vertus d'une bonne respiration et d'une forte
concentration mentale. Les Irlandais pariaient plutôt
sur les îles lointaines où la mort et la vieillesse étaient
inconnues. La fontaine de jouvence a été intensément
recherchée pendant des siècles. À la Renaissance,
l'Italien Cornaro recommandait un régime alimentaire
proche de la famine, tandis que pour les contemporains
de Louis XIV rien ne valait mieux qu'une bonne purgation
de temps en temps. Pour Metchnikoff, vers 1900,
le remède universel était le yaourt bulgare ; le docteur
Voronoff, en revanche, valorisait les testicules de chimpanzé.
De nos jours, les remèdes et les stratégies se
sont multipliés : salade crétoise ou DHEA, clonage ou
congélation... Reste le fait que l'espérance de vie et la
longévité se sont accrues spectaculairement durant le
siècle dernier. Une révolution biologique en perspective ?