La tragédie espagnole et son contexte européen : XVIe-XVIIe siècles

Cet ouvrage entend réfuter les thèses de l'impossibilité de la
tragédie dans l'Espagne du Siècle d'or, de son extinction après
une série d'expérimentations à la fin du XVI<sup>e</sup> siècle, ou encore
de la singularité du théâtre espagnol comme expression d'un génie
national rétif au tragique. En plaçant le théâtre espagnol dans son
contexte européen, les études ici rassemblées permettent aussi
d'interroger à nouveaux frais tout un pan de l'histoire du théâtre occidental
antérieur au néoclassicisme à la française, passablement tardif,
auquel on continue de rapporter trop vite toute la tragédie moderne.
Marginalisés a posteriori par une pensée critique qui privilégiait la
règle, le précepte et la classification, un autre théâtre et une autre
tragédie ont bien été possibles en Europe : tragédie de l'excès, du
mauvais goût, de la violence ; tragédie, surtout, marquée du sceau de
l'impureté et de l'hybridité génériques, que l'on retrouve, dans des
proportions variables et avec des ingrédients divers, dans les textes de
théâtre ici évoqués, qu'il s'agisse des premières expérimentations
italiennes, des essais en portugais ( Castro ), du théâtre de l'échafaud
ou de celui que l'on appelle baroque en France, ou, enfin, de la
variante tragique de la Comedia nueva espagnole pratiquée par des
auteurs comme Virués, Lope de Vega ou Calderón.