Philippique contre des Mémoires gaulliens

En octobre 2003, et en février 2004 sont publiés, sous
la forme d'entretiens, les deux tomes d'un Mémoire intitulé
De Gaulle, Mon Père , dont l'auteur est Philippe De Gaulle.
Ce dernier, à l'instar de l'auteur de ses jours, s'érige à
son tour en mémorialiste et sacrifie, en conséquence, à
l'histoire pro domo que dénonçait Philippe Pétain dans
une note testamentaire du 18 avril 1938 : «Je ne laisse pas
de Mémoires personnels, car j'ai toujours constaté que
leurs auteurs, trop enclins à se justifier de leurs erreurs,
ont avec la vérité des accommodements qui les rendent
pleins d'indulgence pour eux-mêmes et très sévères pour
les autres».
Weygand qui publia trois superbes tomes de Mémoires
est, à la fois, plus libéral et plus sévère que l'illustre soldat.
Il écrit : «Qu'un mémorialiste donne son appréciation
sur des hommes et des faits, rien de plus naturel. Mais
qu'il prétende sonder les consciences et attribuer aux
actes de ceux qui ne partagent pas sa façon de voir des
mobiles avilissants, n'est ni digne ni compréhensible de la
part d'un homme qui s'est placé si haut».
Ce jugement que portait Weygand dans son ouvrage
En lisant le général De Gaulle , reste applicable à Philippe
De Gaulle dont les écrits font l'objet de la présente philippique.
Une philippique contre des Mémoires qui travestissent
les faits et les hommes étrangers aux critères de l'historiquement
gaullien.