Captifs et captivité dans le monde romain : discours littéraire et iconographique (IIIe siècle av. J.-C.-IIe siècle ap. J.-C.)

Pour les Anciens, la perte de la liberté est la conséquence immédiate
et directe de la captivité, que mettent en avant tous les auteurs, pour
qui le captif est «l'esclave de l'ennemi». Dès lors, tout traitement
infligé aux prisonniers de guerre semble normal en dépit des règles
établies par le jus gentium. Mais ce droit minimal reconnu entre les
«nations» qui définit la condition du captif ne le protège pas.
La confrontation des textes et des images livre ici un catalogue
éloquent des mille et une façons dont les Romains vainqueurs ont
pu, abolissant toute considération d'humanité, humilier, exploiter,
torturer les masses de vaincus réduits en esclavage ou les révoltés de
l'intérieur. La dureté de la répression répondant dans les provinces
soumises à la crainte de voir ébranler la domination de Rome.
Et les échos critiques sont rares des condamnations de captifs aux
combats et aux bêtes de l'amphithéâtre comme célébration symbolique
de la toute puissance de l' Urbs.