Cahiers épistémo-logiques, n° 2. Logique et métaphysique de la connaissance

Ce titre qui nomme le second volume des Cahiers épistémo-logiques est révélateur de
la complicité conceptuelle et épistémique que les contributeurs ont essayé de retrouver
et de reconstruire entre la « logique » et la « métaphysique de la connaissance ». Et pour
cause, en s'appuyant sur l'expression «métaphysique de la connaissance» en tant que
ce cadre théorico-épistémique de la logique de chercher à «toujours comprendre»,
les contributions ici présentées témoignent d'une volonté toujours renouvelée de
comprendre et de connaître la connaissance. Elles participent, de ce fait, d'une intention
qui a consisté à réactiver, si ce n'est à nourrir, une «métaphysique de la connaissance».
Comprendre la connaissance, comprendre la logique de la connaissance, comprendre la
métaphysique de la connaissance - et donc, comprendre la relation de conjonction liant la
«logique» à la «métaphysique de la connaissance» -, tel est le défi dont le relèvement
est, par nature, toujours empreint d'une dimension métaphysique.
C'est dans une telle logique ou philosophie de la logique qu'il convient de saisir le
rôle que Gildas Nzokou assigne aux règles structurelles dans le calcul des séquents ;
tout comme l'opposition que Shahid Rahman formule à l'encontre de l'opposition que
Perelman et Toulmin développent entre le raisonnement juridique et le raisonnement
logique ; ou encore l'argumentation dialogique de Marcel Nguimbi appliquée aux
concepts régulateurs du dialogue chez Popper.
C'est par ailleurs un tel élan de pensée métaphysique qui sous-tend l'argumentation
cognitive que Marina Phanie Mabouania articule autour de la question du continuisme
et/ou du discontinuisme chez Bachelard ; ou même celle que Surprise Chéril Ngono
Mbéri déroule autour du concept d'épistémologie naturalisée chez Quine ; ou encore
celle qui fonde le soupçon qu' Edgar Mervin Martial Mba conçoit dans la conception
inavouée de la gnoséologie chez Popper ; ou même celle que Laurent Gankama trouve
au fondement de l'orientation pragmatiste qu'il conçoit dans les diverses applications de
la notion de vérité chez Popper et Habermas. C'est, à tout bien prendre, cette ambition
de métaphysique de la connaissance qu' Alexis Campaoré trouve sur le principe de
relation dans les recherches scientifiques ; que Michel Wilfrid Nzaba intellige lorsqu'il
cherche à comprendre si, avec Paul Karl Feyerabend, le normativisme est persistant
ou pas ; ou qui fonde l'anti-empirisme radical qu' Auguste Nsonsissa interprète chez
Quine à propos de la signification des énoncés d'observation ; ou encore ce que Krishna
Amen Ndounia décèle dans les présupposés ontologiques du théorème de Pythagore
comme fondements de la dialectique entre la construction mythique du monde et le
déploiement rationnel de la pensée.