La salive : souvenirs d'un écolier brayon dans les années 50

La cour de l'école est immense. Les enfants heureux
de se retrouver se tapent sur l'épaule, se croisent en criant
ou jouent en s'attrapant. Quel contraste avec moi, qui
reste à marmonner dans mon coin !
Un coup de sifflet strident et prolongé stoppe instantanément
le brouhaha. C'est le signal du rassemblement.
Les écoliers se dirigent dans la bousculade vers la porte
d'entrée du couloir.
Ils se placent sur deux rangs. Les filles d'un côté et
les garçons de l'autre. Tour à tour, chaque élève devant
présenter ses mains à l'instituteur pour une inspection
détaillée, avec notamment la vérification de la propreté
des ongles.
Quant à moi, il n'en est pas question. Je ne m'arrête
pas à la fin du rang, je file tout droit. J'ai décidé de quitter
l'école au grand galop...