Luke la main froide

«Rapidement, Luke Jackson était devenu une icône
de la contestation, la référence dramatique de la cool
attitude. En 1967, nous vivions de luttes pour les libertés
et de LSD - deux ans plus tard, je tournerai Easy Rider.
Ce jeune mec, condamné au bagne pour avoir décapité
des parcmètres, symbolisait parfaitement l'esprit
de désobéissance qui nous animait. Qu'il soit sorti
de l'imagination d'un ex-taulard, passé par la marine,
la fausse monnaie et le cambriolage, rajoutait à
l'anticonformisme d'un personnage élevé depuis
au rang de mythe cinématographique. Le charisme
de Luke, sa résistance à la brutalité, ses interrogations
sur l'existence d'un Créateur concourent à faire de
cette histoire un manifeste humaniste et politique. [...]
J'étais au Festival de Cannes quand Rosenberg m'a appelé
sur le tournage de Cool Hand Luke. On me proposait de
tenir le rôle d'un maton et de me couper les cheveux.
Hors de question ! J'ai donc incarné Babalugats, l'un
des détenus, la coupe fut moins sévère et Newman
devint le type le plus cool d'Hollywood.»
Dennis Hopper