Le nouvel esprit scientifique et les sciences de l'éducation : essai pour établir un pont entre les sciences de la nature et les sciences de l'homme

Alfred Binet avait écrit, au début du XX<sup>e</sup> siècle : «En pédagogie, tout a
été dit, rien n'a été prouvé». Les sciences de l'éducation se doivent de
relever le défi : comme toutes les autres sciences, elles n'échappent pas
au mouvement général de révolution de la pensée contemporaine introduit
par les théories modernes de la relativité et de la théorie quantique.
Depuis Galilée, en effet, jamais la pensée humaine n'avait connu une
telle révolution. La découverte de l'infiniment petit, qui conduit aux
«incertitudes d'Heisenberg», remet en cause la question de l'objectivité
absolue de l'observateur et de la validité de nos savoirs. Qu'en est-il
alors de la connaissance que peut avoir un enseignant de ses élèves ?
Quel est le sens profond de nos activités et en fonction de quel système
de référence peut-on les juger ? Question fondamentale, que doit se
poser régulièrement l'enseignant. Les concepts de temps, de complexité,
de psychisme, doivent être soumis à une nouvelle analyse. La
mutation n'est pas toujours facile à réaliser mais elle est nécessaire si
l'on veut que l'éducation de demain puisse répondre aux demandes,
aux exigences et aux contraintes de la société du futur.