Ex captivitate salus : expériences des années 1945-1947

Carl Schmitt (1888-1984),
juriste et philosophe
rhénan, fut d'abord le
théoricien de la décision
devant toute situation
exceptionnelle.
Finalement c'est l'époque
entière qu'il considérait
comme exceptionnelle et il a porté sa pensée
jusqu'aux limites de la perspective d'un nouvel Aeon
en vue. Il se voulait l'homme antique et simultanément
chrétien, d'un christianisme où il voyait plus
qu'une religion. Mais le siècle était ce qu'il était, un
siècle en mutation, et qui pour cela prétendait à
être révolutionnaire. Cela donnait en Allemagne
une déstabilisation dont il a voulu profiter pour y
insuffler l'esprit d'une construction européenne. La
place était mal occupée par «celui dont on ne peut
dire le nom», et il dut en payer le prix. Il n'avait en
fait rien d'un réel politique, mais il voyait le monde
déchristianisé dans lequel nous sommes, aller à sa
propre perte si les hommes n'étaient à même de
relever le défi devant lequel Nietzsche déjà les
voyait placés.
Le petit texte présenté ici vaut comme un testament
intellectuel qui n'a d'élégance que celle que confère
à l'oeuvre le long travail sur soi-même d'un homme
confronté à l'histoire.