La résistance des Français à Buchenwald et à Dora

Cet ouvrage n'est pas un livre de souvenirs personnels. Il n'est pas exhaustif. Il ne cherche pas à redire l'indicible, à raconter une fois de plus l'horreur de l'empire SS. Lorsque, le 11 avril 1945, nous nous libérâmes, les cellules de la prison du camp, le Bunker , étaient encore tachées du sang des dernières victimes. On y trouva des menottes ensanglantées auxquelles adhéraient des lambeaux de chair, des cordes imbibées de sang traînaient un peu partout, des monceaux de cadavres s'entassaient à travers le camp, pauvres tas d'os et de chair jaunie, yeux aux regards sans regards, perdus dans le néant d'un monde de crime et de fureur.
Il y aura bientôt un demi-siècle que cette apocalypse-là fut révélée au monde. Des voix s'élèvent aujourd'hui pour le nier. Nous ne le permettrons pas. Nous sommes les derniers témoins. Après nous, les négateurs l'emporteront si notre cri n'est pas assez puissant pour retentir jusque dans les siècles des siècles. Nous dirons donc la vérité, sans concession.
Là n'est cependant pas l'objet principal de ce livre. D'autres auteurs, d'autres témoins, nombreux ont déjà transmis le message. Ce qui a été beaucoup moins décrit, c'est l'autre face de la médaille, celle qui, en définitive, compte le plus pour l'honneur de l'homme. Il s'agit de la Résistance que les détenus opposèrent aux SS, tout au long d'une lutte cruelle hérissée de périls innombrables et de risques mortels.