J'écris ton nom, Liberté : des camps nazis à l'Assemblée nationale

Les grandes autobiographies portent en elles l'époque tout entière. Celle de Raymonde Tillon, plus que toute autre, apporte un témoignage brûlant sur les affres d'un XX<sup>e</sup> siècle rongé par les guerres et les idéologies.
Engagée dans la Résistance, condamnée aux travaux forcés par une section spéciale de Vichy puis déportée à Ravensbrück, Raymonde Tillon s'évade d'un convoi en avril 1945 et devient l'une des premières femmes députées à l'Assemblée constituante. Elle épouse après la guerre Charles Tillon, l'ancien «mutin de la mer Noire», condamné lui aussi au bagne pour avoir refusé de soutenir les Russes blancs opposés à la révolution de 1917. Tous deux partagent les espoirs d'un parti communiste alors au faîte de sa puissance. Mais l'espoir prend d'étranges couleurs ; la députée de Marseille sera privée de ses mandats et reléguée dans un obscur secrétariat... En se mariant avec le fondateur des fameux FTPF, les francs-tireurs et partisans de la clandestinité, en accordant sa vie à celui dont le général de Gaulle avait fait un ministre de l'Air puis de l'Armement, Raymonde Tillon va vivre l'une des pages les plus noires du stalinisme à la française. Unis dans l'adversité, exilés volontairement en Provence, les Tillon ne renonceront jamais à défendre les idées de justice et de liberté qui ont fondé leurs vies.