Gestes à l'oeuvre

Que ce soit dans la vie quotidienne ou dans l'art, le geste se confronte toujours
à l'oeuvre dont il est le principe. Or que se passe-t-i! quand le geste est oeuvre ?
Quand son « oeuvrer » n'est plus réduit à un résultat objectif, mais maintenu
intact dans son état de « faire » ? Une ouverture sur une complexité théorique
du geste et de ses possibilités chorégraphiques s'annonce. Les textes réunis
dans ce recueil affirment la pertinence de l'idée de geste et en décrivent la
méthode : l'intempestif, l'impersonnel, l'incidence. Gestes à l' oeuvre maintient les
gestes dans leur caractère intrinsèquement pluriel : un geste se compose en effet d'une myriade de micro-gestes, d'une somme incalculable d'ajustements corporels qui viennent former imperceptiblement ce qui apparaît comme un geste, dont l'unité se révèle fragile et se dissout dans une infinitude potentielle de petits gestes. Ces essais permettent ainsi le croisement de différentes pratiques gestuelles dans le champ de l'art et de la théorie philosophique. Quand le geste est oeuvre, cette dernière ne disparaît pas pour autant : elle existe en tant que processus et expérience. Ainsi les différentes disciplines convoquées dans
cet ouvrage (danse, peinture, cinéma, performance, sport, philosophie...) placent l'oeuvre dans le geste et
mettent le geste à l'oeuvre. Voici donc ce qui constitue à la fois la problématique et le pari de cet ouvrage : rendre compte des
gestes, de l'actualité tangible du faire et de l'identification possible entre le concept de geste et celui d'oeuvre d'art.