La structure de la théorie de l'évolution

La structure de la théorie de l'évolution

La structure de la théorie de l'évolution
Éditeur: Gallimard
20062033 pagesISBN 9782070766819
Langue : Français

En 1972, Stephen Jay Gould bouleversa l'orthodoxie darwinienne - autrement

appelée la «théorie synthétique de l'évolution». Il formulait la théorie de

l'équilibre ponctué : le changement, au cours des temps géologiques, ne s'était

pas fait de manière graduelle, comme l'avait soutenu Darwin, mais par des phases

de stabilité suivies de phases de changement rapides, permettant l'apparition

de nouvelles espèces.

Cette thèse, largement confirmée aujourd'hui, a conduit S. J. Gould à réexaminer

la théorie darwinienne et à la repenser profondément. L'ouvrage, fruit de

ce travail de réflexion et de conceptualisation, est le livre fondateur d'une nouvelle

théorie de l'évolution, à partir d'un élargissement du darwinisme.

Selon Darwin, la sélection naturelle n'agissait qu'au niveau des organismes

individuels. Gould prend en compte de nombreux autres niveaux, dont, particulièrement,

le niveau des gènes, en dessous de celui des organismes ; et le niveau

des espèces, au-dessus des organismes - gènes ou espèces étant considérés en

tant qu'entités individuelles.

Par ailleurs, à l'encontre de Darwin, Gould tient que la sélection naturelle

n'a pas, seule, déterminé toutes les formes prises par les espèces dans le tableau

général de l'évolution, mais qu'elle a souvent agi de pair avec l'orientation de la

variation. Ainsi Gould insiste sur le rôle des gènes architectes (dits «gènes homéotiques»),

qui canalisent le développement des organismes selon les mêmes grandes

lignes dans la plupart des embranchements. Il montre également l'importance

d'un autre facteur de l'évolution : l'exaptation, ou mode d'édification des traits

fondé sur le changement au cours du temps de leur fonction adaptative, certains

d'entre eux pouvant passer d'un statut de non-adaptation à un statut adaptatif.

Ce dernier point n'avait pratiquement pas été pris en compte par Darwin.

Enfin, les grandes tendances observables dans le tableau général des formes

animales au cours des temps géologiques (la «macroévolution») ne peuvent pas

se déduire par simple extrapolation des phénomènes étudiés par les biologistes

de l'évolution au sein des populations animales vivantes (la «microévolution»),

contrairement à ce qu'avaient postulé Darwin et les néodarwiniens. En effet, les

espèces se comportent comme des entités individuelles les unes par rapport aux

autres, et sont soumises, à leur propre niveau, à des processus de sélection, de

dérive aléatoire ou de changement directionnel. Ainsi, au niveau des espèces,

apparaissent des «propriétés émergentes» ou des «valeurs compétitives émergentes»,

qui ne se réduisent pas à celles des organismes qui les constituent. Ces

phénomènes sont l'apport le plus original de la nouvelle théorie proposée par

Gould dans une démonstration qui mêle, pour le plus grand plaisir du lecteur,

anecdotes éclairantes, exemples fondamentaux et histoire des sciences.

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