Mémoires. Vol. 3. La mort de Louis XIV (1715)

«Vous allez voir un roi dans la tombe et un autre dans
le berceau. Souvenez-vous toujours de la mémoire de
l'un et des intérêts de l'autre.» C'est Louis XIV qui prononce,
malade, cette phrase à l'intention de Philippe
d'Orléans, son neveu, le futur Régent. Il ne lui reste plus
que quelques jours à vivre. Six jours et six nuits de souffrances,
d'activité testamentaire, de face-à-face chrétien
avec sa propre fin.
Nous sommes en août 1715, année considérable pour
l'histoire de la France puisqu'elle voit mourir Louis XIV
le 1<sup>er</sup> septembre, «trois jours avant qu'il eût soixante-dix-sept
ans accomplis, dans la soixante-douzième année de
son règne», écrit Saint-Simon au coeur ténébreux de ses
Mémoires , achevant sur ces mots le récit de la maladie et
de l'agonie d'un roi, le plus grand de son temps, dont la
vie se confond quasiment avec le règne.