Chronique du Mont Sainte-Odile de 1789 à 1883 : chronique manuscrite inédite du vicaire général Nicolas Schir (1794-1864) continuée par le vicaire général Ignace Rapp (1807-1886)

Le Mont Sainte-Odile a traversé de 1789 à 1883 une des périodes essentielles de son
histoire. Vendu comme Bien National lors de la Révolution, passant de mains en
mains, le couvent échappa en effet, de manière presque miraculeuse, à la destruction que
connurent tant d'autres monuments historiques. Après son rachat par l'Évêché de Strasbourg
en 1853, le Mont Sainte-Odile connut plus de quinze années fastes de restaurations, de
constructions, et de réorganisations tant sur le fond que sur la forme. Ces années furent
marquées aussi par l'afflux, sans cesse croissant, des pèlerins et des touristes à la suite, en
particulier, de la construction de la route depuis Ottrott passant par Klingenthal en 1856 et
de la voie de chemin de fer de Strasbourg à Barr inaugurée en 1864. En 1870, fut achevé un
nouvel étage du couvent construit pour augmenter la capacité d'accueil de pensionnaires,
puis ce furent, à Strasbourg et dans la région, les désastres de la guerre qui épargnèrent
toutefois le Mont Sainte-Odile, et l'Alsace annexée par l'Allemagne en 1871.
L'édition de cette chronique manuscrite inédite du Mont Sainte-Odile de 1789 à
1883, jalousement conservée à la bibliothèque ancienne du couvent, paraissait indispensable
tant il s'agit d'une source exceptionnelle pour l'histoire de ce haut lieu. Débutée et rédigée
principalement par le Vicaire Général Nicolas Schir (1794-1864), elle fut poursuivie par le
Vicaire Général Ignace Rapp (1807-1886), après la mort de N. Schir en 1864. La chronique
offre une mine de données originales sur le pèlerinage, l'église et les chapelles, les bâtiments
du couvent et de l'hôtellerie, la décoration intérieure et l'ameublement, les commandes
artistiques, les découvertes archéologiques, ou les activités agricoles et forestières. Relatant
de manière très vivante de nombreux détails de la vie quotidienne du pèlerinage, dans la
langue française très agréable de l'époque, l'ensemble est aussi un apport marquant pour
l'histoire religieuse régionale, pour l'histoire des mentalités, et pour l'histoire de l'art.
Le travail d'édition a pris en compte deux exigences fondamentales : d'une part, la
rigueur d'une retranscription intégrale et fidèle du texte du manuscrit, et, d'autre part, la
nécessité d'annotations complémentaires. Près de 600 notes apportent des commentaires et
autant d'éclairages originaux et précieux sur de multiples aspects historiques, biographiques,
architecturaux, et artistiques. Plus d'une cinquantaine d'illustrations, pour beaucoup peu
connues, datant de l'époque concernée de 1789 à 1883 ont été réunies et ajoutées afin d'illustrer
l'état des lieux et des bâtiments évoqués, et de comprendre et de suivre leurs transformations.
Suivant l'évolution des techniques d'imprimerie, il s'agit successivement de gravures sur cuivre,
puis de lithographies pour l'essentiel de la période, et enfin de gravures sur bois de bout.