D'une terre que l'on disait morte... : l'art et le beau permettent à des hommes mis de côté d'ouvrir un chemin de liberté

Humiliés par leurs condamnations à de longues peines, souvent sans
lien avec leurs familles, vivant dans des conditions matérielles très
précaires, les hommes du camp pénal de Bouaké ont bien du mal à
garder vivant l'espoir qui les habite.
Pour Simone, nommée infirmière du camp par les autorités de Côte
d'Ivoire, la santé, c'est aussi la dignité. Elle saisit la moindre occasion
qui permet à ces hommes "mis de côté" de se remettre debout.
Elle découvre que l'un sait sculpter, qu'un autre aime dessiner, que
plusieurs sont prêts à apprendre à lire à ceux qui ne savent pas, que
tous connaissent des proverbes qui les aident à vivre. Peu à peu, un
Club du Savoir se crée, des fleurs sont plantées, un livre de proverbes
est publié, des oeuvres d'art voient le jour... C'est tout l'esprit
du camp qui se transforme et, avec lui, la vie quotidienne de ces
hommes et de ceux qui les entourent.
Des années plus tard, Simone dira : "Le camp, c'était comme une
maison aux fenêtres fermées. Il y avait plein de trésors dedans mais,
sans lumière, on ne les voyait pas. Ce sont les hommes du camp qui
ont tout fait. Moi, j'ai seulement essayé d'ouvrir les fenêtres. Le soleil
est entré et on a vu tous les trésors qui étaient dedans."
Lors du séminaire "Culture, art et poésie, chemin de lutte contre la
misère", les acteurs de cette histoire ont voulu la raconter et en tirer
des enseignements qui puissent soutenir d'autres personnes engagées
pour le respect de tout être humain. Philippe Hamel a coordonné
l'écriture de ce livre à partir des témoignages et des réflexions
ainsi échangés.