L'art du discours dans l'Antiquité : de l'orateur au poète

«L'homme a toujours senti - et les poètes ont souvent chanté - le pouvoir
fondateur du langage, qui instaure une réalité imaginaire, anime les
choses inertes, fait voir ce qui n'est pas, ramène ici ce qui a disparu. C'est
pourquoi tant de mythologies, ayant à expliquer qu'à l'aube des temps
quelque chose ait pu naître de rien, ont posé comme principe créateur du
monde cette essence immatérielle et souveraine, la Parole.»
(Emile Benveniste)
«Homère a donné le modèle, l'origine pour tous les aspects de l'éloquence.
(...) C'est lui qui est tour à tour abondant et concis, suave et grave,
admirable tantôt par son abondance, tantôt par sa brièveté, et par ses
mérites non seulement proprement poétiques, mais aussi proprement oratoires,
il occupe les sommets les plus élevés. Je passe sur les éloges, les
exhortations, les consolations. Mais le livre IX, qui renferme l'ambassade
envoyée auprès d'Achille, ou le livre I, avec le célèbre différend entre les
deux chefs, ou au livre II les diverses prises de position, ne déploient-ils
pas la matière de tous les traités d'éloquence judiciaire et délibérative ?»
(Quintilien)