Pensée de midi (La), n° 5-6. Littératures : une mère étrangère

Quelle peut être la mesure de ce qui n'en a pas ? Pour parler de la littérature, peut-être faut-il partir du plaisir, ce principe de vie et de connaissance : plaisir de l'éveil par une autre pensée et une autre langue, articulées en un poème ou un récit ; plaisir de mots qui prennent corps, deviennent situations, drame, flux - la vie même.
Les pages de ce dossier entendent former ce que Barthes appelle une "Babel heureuse". Vingt-trois textes, composés par autant de poètes et de romanciers ; tous (sauf un) inédits : quelques-uns fragments de livres en construction, mais la plupart écrits à l'invitation de La pensée de midi. La cohabitation des langages règne. Leur entente mutuelle y est le fruit d'un accord non médité, mais suscité. La littérature y est l'horizon primitif au-dessus duquel se sont déployés ces textes si divers et si volontairement réunis pour leur singularité qu'il nous a paru opportun d'appeler cette livraison de La pensée de midi "littératures", au pluriel. A rebours des numéros sur la littérature, souvent savants et parfois savoureux, nous avons souhaité que celui-ci soit un numéro de et donc des littérature(s), persuadés que des textes de création en éclaireraient mieux l'enjeu que toute forme d'analyse.
Ainsi avons-nous adressé à des poètes et à des romanciers la proposition de faire ce chemin avec nous, à partir de l'évocation d'une "mère étrangère".