Kennedy, Nixon : les meilleurs ennemis

Le héros et le tricheur, l'archange et le bad guy. Ces deux
présidents furent, pendant plus de trente ans, les deux
visages de l'Amérique. Les années soixante triomphantes
incarnées par un Kennedy bronzé, les années de plomb
de défaite au Vietnam et du Watergate symbolisées par
un Nixon paranoïaque. La réalité est très éloignée de ces
raccourcis faciles. Kennedy a beaucoup menti et dissimulé
tout au long de sa carrière : sur sa santé, délabrée à un
degré difficilement imaginable aujourd'hui ; sur ses qualités
d'écrivain, fabriquées de toutes pièces ; sur ses frasques
sexuelles, systématiquement occultées ; sur ses accointances,
enfin, avec le crime organisé.
D'un autre côté, forgée par une intelligentsia revancharde,
la légende noire de Nixon fut très excessive. Victime
d'un procès en maccarthysme - au moment où les Kennedy
étaient beaucoup plus impliqués que lui -, on passa sous
silence sa vision d'homme d'Etat.
La vie politique américaine eut ainsi le héros et l'antihéros,
le nanti flamboyant et le méritant besogneux. A leurs
débuts, tous deux coexistèrent sans antagonisme majeur
et furent un temps bons camarades. La défaite de Nixon,
en 1960, fit naître en lui un formidable complexe envers
les Kennedy. Ni l'assassinat de John puis de son frère
Bobby, ni même sa propre élection à la présidence ne purent
en venir à bout. Nixon aura passé l'essentiel de sa carrière à
se déterminer par rapport à Kennedy. Et ce dernier aurait-il
été tout à fait le même sans son antihéros ? Tel est l'objet
de cette biographie croisée, détaillée, vivante, où l'on suit le
destin parallèle de ces deux phénomènes.