Chroniques des mues

Chroniques des mues

Chroniques des mues
Éditeur: L'Harmattan
2004178 pagesISBN 9782747566100
Format: BrochéLangue : Français

«En quelques instants l'été céda sa profusion à la nuit

diurne et froide, avancés sur la banquette, front contre le

pare-brise, nous regardâmes la coupole de ciel, le trou

maintenant boursouflé de viande épaisse, bouffie.

Alors, ce fut le déluge viscéral, une éventration de

grêle et de pluie, tout le canton crayeux pris au cou par la

tornade, secoué il en tomba des pierres. Aux tuiles crevées

s'emboucha la tempête, par le puits ouvert au dessus des

voitures cataracta la glace en débâcle, le toit de l'auto

résonnait dans un tintamarre de tambour géant, l'eau entra

par les portes mal jointes, par le moindre interstice

jaillirent à force des bras aqueux, en un clin d'oeil

l'habitacle fut investi par la trombe.

Et dans le peu de ciel qui demeurait l'orage plongea

ses couteaux, et la bête du ciel hurla rocailleuse, des

cailloux plein la gueule, il y eut du sang, du calcaire

craché ; et la bête au moment de mourir eut un ultime

soubresaut, rua d'un énorme fracas, d'une énorme lumière,

ah, donnant du corps, du muscle avant de baisser la tête et

de se renverser dans la fange.»

Dans une langue volontiers poétique aux accents

parfois baroques, Lionel-Edouard Martin entrelace des

mythes en toile de fond de ce récit. Il y a un vieil homme

qui annonce les décès de la commune. Il y a le

cheminement de deux adolescents dans leur propre

obscurité et dans le noir de caves surplombées de grands

arbres. Il y a «la poussée du désir, l'éventrement des terres

creuses, la brûlure du serpent conjurée par la lumière». Il

y a tout un réseau d'oppositions appelées à muer , à se

fondre en une synthèse dont un orage d'été constituera

l'ultime catalyseur.

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