L'esprit de Lérins : traces d'un christianisme johannique au IVe siècle

«... Cependant, le souvenir de Lérins est encore vivant ; les noms
de Cassien et de Fauste sont encore cités dans la liste des saints
invoqués lors de la messe catholique romaine, dans certaines
églises du midi de la France, bien que Rome les ait condamnés
comme hérétiques.
L'impulsion johannique, poursuivant le cours de sa vie dans
le secret, réapparaît çà et là dans les cycles de l'histoire. De ce
fait, qu'y a-t-il d'étonnant à ce que la poésie des troubadours
se réfère à Marie-Madeleine comme son inspiratrice, et qu'aux
XII<sup>e</sup> et XIII<sup>e</sup> siècles les Cathares aient puisé à cette source avant
de disparaître ?
L'Église romaine a connu des moments de crises sévères ; cependant,
elle n'est pas morte. La voie de l'Église johannique est
autre ; de même qu'en son commencement le geste de Marie-Madeleine
précéda de peu la mort du Christ, de même l'Église
chrétienne née de l'impulsion johannique porta toujours dans
son destin le signe de la mort sur son front. Cependant, aux
époques de crise décisive sur le plan de la réalité spirituelle, la
force de résurrection qui lui est inhérente la fait toujours renaître
de l'obscurité pour se mettre au service de la nouvelle manifestation
du Christ.»