Pauvre Blaise

Blaise s'était affaissé sur une chaise. Il continuait à sangloter,
la tête cachée dans ses mains. Sa patience et sa résignation
étaient vaincues par la dureté et l'égoïsme de Jules.
La tristesse de son coeur, longtemps comprimée, se fit jour,
et il ne put retenir ses larmes.
- Dehors ! pleurnicheur, lui hurla le méchant Jules. Va-t'en
chez toi, et reviens demain de bonne heure !
Blaise ne se le fit pas dire deux fois : il se leva sans pouvoir
parler et sortit précipitamment. Il courut jusqu'à un petit
bois contre lequel était adossée sa maison. Là, il s'assit
au pied d'un arbre, et pleura longtemps encore.
«Que lui ai-je donc fait, se dit-il, pour qu'il soit si méchant
avec moi ? J'ai beau m'efforcer à lui faire plaisir, il tourne
tout contre moi. Jamais je n'entends sortir de sa bouche
une parole de remerciement ! Toujours des reproches,
des injures, de l'ingratitude !...»