Vignobles du Doubs et de Haute-Saône : de la naissance à la Renaissance

On pourrait s'étonner d'un livre sur la vigne dans le Doubs
et en Haute-Saône, deux départements qui n'en comptent
plus que 200 ha actuellement. On sera moins surpris si l'on
sait que les vignobles de ces deux départements, connus dès
le Moyen Âge, s'étendaient sur 22 000 ha vers 1850, soit dix
fois le vignoble actuel du Jura ; la seule commune de Besançon
a compté jusqu'à 1 500 ha !
À partir du milieu du XIX<sup>e</sup> siècle, le sort s'acharne : le mildiou
puis surtout le phylloxéra dévastent la vigne et la reconstitution,
à peine commencée au début du XIX<sup>e</sup> siècle, est stoppée
par la guerre de 1914-1918 qui emporte de nombreux
vignerons et décourage ceux qui reviennent. Trouvant une
vigne en friche ou en mauvais état, ils préfèrent changer
de métier et partir. On allait ainsi vers une disparition
presque totale lorsque, à partir des années soixante-dix, des
hommes courageux, comme Henri Guillaume à Charcenne,
et des associations enthousiastes à Champlitte et Vuillafans,
entreprennent de reconstituer des vignobles. Outre cette
reconstitution, le vignoble ancien a laissé des traces notables
dans le paysage (murets, murgers, cabordes ), ainsi que dans
l'urbanisme de nos villes et de nos villages : maisons vigneronnes,
demeures de bourgeois vignerons, châteaux comme
celui de l'archevêque de Besançon, grand propriétaire de
vigne, à Gy. La vigne s'inscrit donc encore dans le présent et
son histoire n'est pas terminée !