L'événement psychanalytique dans des entretiens en yiddish

Comment déceler un événement psychanalytique dans des
entretiens en yiddish aujourd'hui ? Telle est la question à
laquelle l'auteur invite son lecteur à réfléchir. Car le yiddish
est la langue vernaculaire des Juifs ashkénazes composé
d'hébreu, d'araméen, de langues romanes slaves et de
moyen haut allemand. Un effet de yiddish traverse l'histoire
de la psychanalyse ouvrant à la possibilité d'un événement
de parole, d'un écart à une langue. Un événement psychanalytique
est une déliaison des représentations nous permettant
de décoller de nous-mêmes, des mots figés en nous et de
nos symptômes. C'est un retour du sujet de la parole sur lui-même quand il peut interroger
la construction de son histoire à travers l'interprétation de ses symptômes.
Ce livre porte aussi sur la survie du yiddish aujourd'hui malgré la destruction. Des extraits
traduits en français de plus de 300 interviews en yiddish faites par Max Kohn pour des
média internationaux depuis 2006, proposent une clinique du yiddish actuel où le partage
entre ce qui est vivant et mort et entre les générations se redistribue autrement. L'important,
ce n'est pas de parler une langue, mais de l'écouter en faisant une place au sujet de
l'inconscient. Le yiddish est souvent en loque chez le sujet. Réfléchir sur une clinique
du yiddish sans la réduire à une psychopathologie et à une appartenance culturelle, c'est
analyser ce transfert à une loque.
Quatre parties viennent l'illustrer : 1. Le sujet aime et tue quand il parle , 2. Rencontres ,
3. Avoir des oreilles et 4. La confusion des langues. L'intitulé de Le sujet aime et tue quand
il parle a été choisi pour mieux se rendre compte qu'on ne sait pas quand on parle si
ce que l'on dit est constructif ou destructif. Les parties Rencontres et Avoir des oreilles ,
mettent en relation l'écoute de soi, celle des autres, des affects en soi et des affects chez
les autres. La confusion des langues , évoque la situation de confusion dans laquelle nous
sommes quand nous parlons.