Théophile Gautier et le Second Empire : actes du colloque international du Palais Impérial de Compiègne, 13, 14, 15 octobre 2011

L'un part (Hugo), l'autre reste (Théophile Gautier). La carrière littéraire
de Gautier enveloppe l'intégralité du Second Empire, le plus long régime
politique de son existence, au point qu'Armand de Pontmartin et Frédéric
Loliée le considèrent comme l'un des «poètes du trône». Solidement ancré
dans un régime qui compte sur son aura, Gautier oeuvre en faveur de son
fils Toto nommé sous-préfet à Ambert, accepte la charge de Bibliothécaire
de la Princesse Mathilde, brigue un siège d'Académicien... Aurait-il retourné
son gilet rouge ? Un rapport de police établit en 1854 qu'en «politique,
Gautier n'a pas d'opinion», tandis que son oeuvre continue de
célébrer la liberté esthétique et morale. Quatorze spécialistes de littérature
et d'art se sont penchés sur ce point d'observation privilégié du Second Empire
qu'est Gautier : à travers lui, c'est le paradoxe de l'autonomie de l'artiste
pris au coeur d'un dispositif de dépendance économique qu'on interroge.