La Grande Guerre, si loin, si proche : réflexions sur un centenaire

La Grande Guerre aura bientôt cent ans. On
annonce une déferlante éditoriale, des dizaines
d'expositions et d'initiatives locales. D'où naît,
au-delà du consensus mémoriel, l'envie de
poser une question simple : pour quoi faire ?
Faut-il se satisfaire de communier après coup avec les souffrances
des combattants, perçus essentiellement comme
des victimes ? Quel lien établir avec ce conflit vieux d'un
siècle, alors que le pays d'aujourd'hui a tant changé par
rapport à celui de la Belle Époque ? Plus d'armée de
conscription, mais une armée de métier ; un nationalisme
et un patriotisme devenus souvent si incompréhensibles
qu'on célèbre plus volontiers les fusillés et les mutinés que
les combattants ordinaires ; des femmes qui ont le droit de
voter et de porter les armes ; une décolonisation qui a pratiquement
ramené la France aux dimensions de la métropole.
À la lumière de son expérience de président de la Mission
du Bicentenaire de la Révolution, de responsable politique
et d'expert en «concordance des temps», Jean-Noël
Jeanneney nous aide à considérer les enjeux civiques et
politiques de ce Centenaire.