Paris pour mémoire : le livre noir des destructions haussmanniennes

Sous la forme d'un dernier inventaire avant liquidation, la préfecture de Paris fit relever de 1851 à 1854 les façades des maisons anciennes qu'elle s'apprêtait à raser dans le cadre des Grands Travaux d'Haussmann. À défaut des pierres, il s'agissait d'en conserver « au moins le souvenir » sur papier. L'entreprise aboutit au plus vaste recueil jamais réalisé des destructions pratiquées sous la II<sup>e</sup> République et le Second Empire et constitue un document exceptionnel. Cet ensemble inédit passionnera par son détail les amateurs du vieux Paris et restera comme l'ultime trace d'une ville fantôme, à jamais perdue, désertée par ses habitants mais montrant encore ses façades des XVII<sup>e</sup> et XVIII<sup>e</sup> siècles et les devantures de ses boutiques paraissant soudainement abandonnées.