Malte, 7.000 ans d'histoire

L'archipel maltais est, en Méditerranée, le pays qui a la plus forte
densité de témoignages historiques. Vers 5000 ans av. J.-C.,
une population qui avait lentement migré depuis le Proche-Orient
y apporte la civilisation néolithique. Elle y développe une culture
religieuse inégalée, construisant plus de trente temples gigantesques dont
le dernier édifié est contemporain des premières pyramides égyptiennes.
Sans doute centre cultuel pan-méditerranéen, Malte après trois cents ans
d'oubli s'ouvre à nouveau à partir de 2500 av. J.-C. à d'autres cultures,
entrant dans l'Histoire avec les Phéniciens, se développant avec les
Carthaginois, s'intégrant ensuite dans la romanité avant de connaître
pour trois siècles la domination musulmane. Point ultime de la
reconquête chrétienne au XI<sup>e</sup> siècle, partageant la gloire de la Sicile dont
elle dépend, elle acquiert une sorte d'autonomie lorsqu'en 1530, Charles
Quint la donne en usufruit à l'Ordre des Hospitaliers. Frontière de
chrétienté face à l'offensive ottomane, elle devient dès la fin du XVI<sup>e</sup>
siècle une principauté nobiliaire, luttant contre les corsaires barbaresques
et implantant au centre de la Méditerranée le raffinement de la noblesse
européenne. Balayée pour de courts instants par la déferlante de la
Révolution française, elle entre en 1814 dans le giron de la Grande-Bretagne
avec des heurs et des malheurs qui aboutirent en 1964 à son
indépendance et en 1974 à la proclamation de sa République.