Pour une vraie responsabilité sociale : clarifications, propositions

La responsabilité sociale des entreprises avance, mais
elle piétine. Elle n'est pas transformatrice des pathologies
sociales et environnementales de l'économie. Que la loi française
oblige maintenant les entreprises, les universités et les
établissements publics à en rendre compte annuellement n'y
changera pas grand-chose, tant qu'on la comprendra comme
une responsabilité morale limitée à chaque organisation,
pour réduire son empreinte carbone et dialoguer seule avec
ses parties prenantes.
Les responsabilités morales et juridiques singularisent
toujours, alors que la responsabilité sociale est associative
par essence ; elle est entre nous plutôt qu'en nous. Dès que
l'on reconsidère philosophiquement son statut, on peut en
faire la source éthique et politique d'innovations et d'apprentissages
interorganisationnels pour des projets de territoire
ambitieux, en transition vers une autre économie soutenable,
non délocalisable et corégulée. Mais il faut pour cela que
le management fasse sa révolution copernicienne, dépasse
la gestion égocentrée et devienne vraiment responsable de
ce qu'il impacte et de ce dont il doit lui aussi prendre soin :
le monde. C'est ce à quoi ce livre clair et proactif s'attèle.