Dérives perverses dans le couple et blessures d'enfance

Dérives perverses dans le couple et blessures d'enfance
Comment deux êtres sont-ils attirés l'un par l'autre au point de n'avoir qu'un désir : celui de ne faire qu'un ? Comment après un amour fou en viennent-ils à s'infliger des souffrances intolérables ? Notre questionnement porte sur ces dérives qui peuvent prendre la voie de la perversion narcissique. En fait, la vie conjugale répète quelque chose de central mais d'anachronique survenu dans un temps révolu où l'emprise a joué un rôle central. C'est que le lien primaire a une incidence impressionnante sur l'intersubjectivité du couple, surtout quand les partenaires n'ont pu en faire le deuil. Ces dérives concernent l'incestuel et le meurtriel qui en est sa forme la plus sévère. Si l' incestuel effracte les limites, le meurtriel vise à les anéantir. À travers des exemples, nous avons pu mesurer les difficultés insunnontables de certains couples, par exemple celle où l'un des partenaires occupe la place d'un moi auxiliaire comme une mère le ferait avec son bébé incapable de se débrouiller seul. L'empiétement des espace personnels est tel que tout semble confondu. Les partenaires oscillent entre claustrophobie et agoraphobie dans un lien paradoxal infernal où alternent amour et haine. Il s'agit bien souvent de se venger sur le ou la partenaire des attaques subies dans l'enfance de la part d'un parent sans scrupule. L'enfant d'alors n'a pas pu se défendre en raison de l'amour et de l'idéalisation portés au parent abuseur. Enfin, dans le meurtriel à défaut de séduction, la dérive narcissique conjugale oscille entre survivance et anéantissement. La relation relève alors du registre narcissique, la sexualité passant alors au second plan. Qu'en est-il alors des capacités du couple à engendrer et de l'accès à la parentalité ? Il faut en effet compter avec le rôle des imagos terribles qui peuvent avoir un impact puissant sur la capacité à procréer. Le désengendrement et l'auto-engendrement sont parfois les seules issues permettant de se libérer d'une relation aliénante à ces imagos. Le travail psychanalytique avec ces couples a pour but soit de mettre un terme à leur souffrance et permettre de sortir de la paradoxalité par un travail de séparation, soit d'ouvrir sur une transformation, une autre forme d'existence à deux.