Léopold Sédar Senghor et Armand Guibert : naissance d'un champ critique de la littérature négro-africaine d'expression française : étude d'une relation épistolaire, littéraire et intellectuelle

La relation littéraire, intellectuelle et amicale entre Armand Guibert,
poète et critique de France, et Léopold Sédar Senghor, poète et homme
d'Etat du Sénégal, souvent occultée ou méconnue dans les études littéraires
africaines, prolonge et témoigne de l'attachement que maint intellectuel
français a eu avec les chantres de la Négritude. Elle constitue une
documentation précieuse pour l'éclairage des rapports entre les éditeurs, les
écrivains et les critiques dans la légitimation littéraire négro-africaine d'après-guerre
aux lendemains des indépendances. Leur abondante correspondance
qui s'étire sur une quarantaine d'années ouvre aux stratégies entreprises par
le critique français pour diffuser l'oeuvre de Senghor et les expressions
culturelles négro-africaines. Il s'agit donc de repenser les repères
historiographiques du champ littéraire africain, en soulignant les effets des
réseaux relationnels français dans la constitution de cet espace. Dès lors se
pose la nécessité d'interroger la relation entre les deux poètes et de voir son
impact sur la reconnaissance et l'institutionnalisation de la littérature
africaine en Europe. D'où la nécessité de sortir de l'oubli Armand Guibert,
de lui restituer sa place dans le mouvement critique de la littérature négro-africaine,
même si son activité a principalement porté sur l'oeuvre de
Senghor.