Occupation et gestion des plaines alluviales dans le Nord de la France de l'âge du fer à l'époque gallo-romaine : actes de la table ronde de Molesme, 17-18 sept. 1999

La potentialité archéologique des plaines alluviales n'est plus aujourd'hui à démontrer. Mais quelles questions peut-on poser,
qui élargissent l'objet de la fouille archéologique et fassent de celle-ci le témoin privilégié de l'évolution de la relation entre l'Homme
et la Rivière ? Quelles démarches particulières ces milieux spécifiques doivent-ils alors faire l'objet pour répondre aux problématiques
ainsi élaborées ?
La fouille archéologique du site de Molesme (21) situé en bordure de rivière s'inscrit dans le cadre d'une recherche élargie
portant sur l'anthropisation des bassins versants. Le chantier a nécessité la mise en oeuvre d'un ensemble cohérent de méthodes géoar-chéologiques
complémentaires. Les premiers résultats ainsi obtenus ont suscité une série de questionnements : la table ronde organisée
sur le site a été l'occasion d'une rencontre entre archéologues, géomorphologues et paléo-environnementalistes travaillant sur des terrains
similaires. Cette réunion avait pour ambition de confronter problématiques et méthodes appliquées à des fouilles archéologiques
menées sur ces milieux fluviaux en France tempérée, pour les périodes protohistorique, antique et médiévale.
La plaine alluviale est un espace qui enregistre de façon complexe l'évolution sur le long terme des milieux naturels puis
anthropisés ; l'explorer permet d'appréhender et de quantifier au plus près l'impact de l'Homme à l'échelle du bassin-versant et d'établir
une chronologie des processus d'anthropisation : mise en culture des plateaux et des versants, exploitation des zones humides,
aménagement et gestion des cours d'eau.
La publication s'ouvre sur les premiers résultats de la fouille du site antique de Molesme en bordure d'un méandre de la
Laigne : les données acquises lors de la découverte d'aménagements spécifiques en prise avec le cours d'eau (bassin piscicole) ont
permis d'appréhender l'évolution du paléo-paysage de l'ensemble de ce petit bassin versant soumis à une série de contraintes hydro-climatiques
et anthropiques.
La seconde partie aborde la question de l'organisation spatiale des vestiges archéologiques témoins de l'occupation des plaines
alluviales du Doubs, de la Seine et de l'Yonne, de la Loire et de l'Allier, et de l'Indre. Ces plaines sont ici considérées comme des
systèmes fonctionnels naturels que l'Homme gère en fonction de contraintes hydrauliques, hydrographiques, mais également de choix
politiques et économiques, en particulier agricoles.
L'étude d'aménagements spécifiques, ports, débarcadères et moulins, et de leur emprise sur les cours d'eau, fait l'objet de la
dernière partie de cette publication qui se clôt sur la présentation des résultats carpologiques obtenus sur un site de la vallée de la Tille
(21), milieu humide où la conservation des macro-restes s'est avérée exceptionnelle.
La diversité des approches archéologiques présentées dans ce volume se veut témoin de l'exceptionnelle potentialité paléo-environnementale
des milieux alluviaux anthropisés, et illustration des démarches géoarchéologiques spécifiques appliquées aux
plaines alluviales.