Silence turquoise : Rwanda, 1992-1994 : responsabilités de l'Etat français dans le génocide des Tutsis

Dix-huit ans après, le rôle de la France au Rwanda ne cesse de
déranger jusqu'aux plus hautes sphères de la République,
mais les masques ne sont pas encore tombés. Depuis 2005
pourtant, une plainte contre X est à l'instruction pour «complicité
de génocide et de crimes contre l'humanité». Mais de pressions en
manoeuvres dilatoires, le dossier n'avance pas.
Face à l'inertie de la justice et des politiques, l'enquête de Laure de
Vulpian met en évidence les faiblesses de la Mission Quilès et la
campagne de désinformation orchestrée par quelques hauts responsables
militaires et politiques. Elle révèle la vérité de «Turquoise», cette
opération «humanitaire» qui dépend directement de l'état-major et de
l'Élysée. Elle s'appuie sur le témoignage de Thierry Prungnaud, un
sous-officier qui a fait «Turquoise» au sein du Commandement des
opérations spéciales.
Cet ancien du GIGN pointe les impostures et les choix fautifs qui ont
entaché l'opération, du positionnement anti-Tutsi d'officiers supérieurs
aux mensonges de la haute hiérarchie. Planifiée par les autorités
françaises, contestée dès l'origine, «Turquoise» commence alors que
l'immense majorité des Tutsi du pays a déjà été exterminée. Douze
jours plus tard, les «rebelles» du FPR prennent Kigali et mettent fin
de facto au génocide.
Acteur et témoin, Thierry Prungnaud dévoile des zones d'ombre :
à Bisesero, entre le 27 et le 30 juin 1994, l'armée, pourtant informée,
laisse des massacres se perpétrer. On estime qu'un millier de Tutsi a
été sacrifié.
Ce livre, porteur de révélations dérangeantes, évoque le rôle mystificateur
de l'État français au Rwanda.