Cahiers philosophiques, n° 139. Kant et Kleist

«J'ai l'impression de devenir une de ces victimes de la folie, comme la philosophie de
Kant en a tant sur la conscience [...]. La pensée que nous ne savons rien ici-bas de
la vérité, absolument rien [...], cette pensée m'a ébranlé jusque dans le sanctuaire de
mon âme. [...] Ce que je veux, c'est voyager» écrit en 1801 le poète et dramaturge
Heinrich von Kleist, bouleversé par la découverte de la philosophie critique. Aucune
orientation simple de l'existence ne s'offre à nous : ni la connaissance de la nature,
ni la conscience morale, ni la foi en une destination de l'homme ne constituent des
pôles suffisamment assurés.
Sur les traces de Kleist, les articles du présent dossier nous convient à une exploration
de la pensée kantienne qui souligne l'absence de réconciliation et d'harmonie des
facultés et s'efforce de mesurer les implications d'un tel manque.
Le dossier de ce numéro a été coordonné par Michèle Cohen-Halimi et Nuria Sánchez
Madrid.