Jujubes

Cette anthologie, la première de l'auteur publiée en Europe, présente
quinze nouvelles parues entre 1925 et 1931. Leur construction
elliptique, l'économie des dialogues, la poésie des descriptions sont
en phase avec les formes les plus «expérimentales» de la littérature
occidentale. Elles apparaissent comme une succession de tableaux
d'où toute intrigue est peu à peu écartée. Les premières, autobiographiques
pour la plupart, décrivent une Chine d'un autre
temps, en dehors des tourments de l'Histoire. Des personnages
récurrents y composent un roman en morceaux. Dans une veine
plus satirique, se succèdent ensuite les récits inspirés d'anecdotes
et ceux où l'auteur évoque les désordres du moment.
Fei Ming témoigne ici à la fois des enjeux de la modernité et de la
profondeur de ses racines, puisant son inspiration tant dans la poésie
de la fin des Tang (618-907) et le bouddhisme chan (zen) que
chez Maupassant ou Tchekhov.