L'évolution de la notion de réfugié

L'intensification des relations entre peuples, sociétés, nations et Etats entraîne
une multiplication des champs de tensions potentiels entre ces mêmes acteurs. Le droit
international s'avère être un moyen efficace d'apaisement de ces tensions et la multiplication
des cadres régulateurs internationaux est la suite logique de cette intensification des relations
internationales.
La Convention de Genève relative au statut des réfugiés répond spécifiquement
aux tensions suscitées par les déplacements transfrontières de populations
craignant d'être persécutées en cas de retour dans l'Etat d'origine. Dans sa version
issue du Protocole de New York relatif au statut des réfugiés, la Convention
constitue le seul cadre normatif à portée universelle traitant de ces déplacements
humains forcés, mais des efforts régulateurs apparaissent également à
l'échelle régionale. L'application aux cas d'espèce des normes régionales
soulève la question de l'articulation entre divers ordres juridiques, lorsque plusieurs
cadres normatifs ont vocation à régir une situation donnée.
La recherche de réponses aux conflits de normes et aux divergences d'interprétations
donne accès à un vaste champ de thématiques intéressant l'internationaliste.
De plus, si l'on choisit une perspective européenne, la situation du réfugié est régie par
une variété d'ordres juridiques, partiellement superposés et dotés de mécanismes de
contrôle variés. Cela conduit à s'interroger sur l'interaction très mouvementée entre ordres
juridiques nationaux, régionaux et universel, l'harmonisation des normes et finalement la
cohérence de l'ensemble.
Le présent ouvrage poursuit ainsi principalement deux objectifs. Le premier -
l'objectif principal - est axé sur le droit des réfugiés en particulier et vise à démontrer
l'évolution de la notion de réfugié. Le second s'inscrit dans le cadre de l'étude du droit
international général et démontre que le droit des réfugiés constitue un exemple particulièrement
intéressant de création normative dans l'ordre international, création, pas toujours
initiée par les Etats mais par ailleurs extrêmement efficace.