Oeuvres complètes. Vol. 1. L'argent

Il s'est trouvé des hommes remarquables à plus
d'un titre, des écrivains distingués, des politiques
habiles, pour condamner ces formes nouvelles
adoptées par l'Industrie dans la poursuite du capital.
D'un autre côté, dans le monde des Béotiens,
M. Prudhomme, Cabrion le rapin, M<sup>e</sup> Pet-de-loup,
homme sévère mais juste, tous les provinciaux de
Paris ou de Pézenas se sont beaucoup amusés de
l'actionnaire, l'appelant à l'envi imbécile, crétin,
vache à lait, chair à sangsues !
Nous n'avons pas à nous préoccuper de ceux-là.
Ils ne savent rien, ne connaissent rien. Et d'ailleurs,
la moitié d'entre eux, si demain ils ont à faire à un
lanceur habile ou à une annonce mousseuse, la moitié
fera volte-face et se jettera tête baissée, sans réflexion,
sans jugement, dans les jambes des Barnums nouveaux.
Mais les hommes sérieux, ceux que l'élévation de
leur esprit, leur position dans le monde, nous obligent
à respecter, sont-ils bien venus à condamner sans
merci les manoeuvres de la spéculation ?
Les gens de Bourse sont-ils utiles ou nuisibles dans la
vie des peuples ? Voilà la question : nous la discuterons
plus tard.