Cicéron le politique

L'éclat littéraire de Cicéron peut facilement rejeter dans
l'ombre le fait que son désir le plus fort a été, tout au long de sa
vie, d'être un homme d'État. Il peut donc paraître tragique qu'il
ait, dans ce rôle, connu l'échec plus souvent que la réussite et
qu'il ait atteint l'immortalité par des choses qu'il ne considérait
que comme des succédanés de politique.
Les contributions de Cicéron à la théorie et à la pratique de
la rhétorique, de l'éthique, de la religion, de l'herméneutique,
du droit, de la langue, du style et du dialogue littéraire sont
aussi fondamentales que nombreuses.
Bien que Cicéron fût tout à fait conscient de la valeur de
son apport dans ces différents domaines et qu'il en parlât
avec beaucoup de fierté, ce ne lui était que maigre consolation
pour ce qu'il désirait vraiment faire, et qui fut presque toujours
hors de sa portée, c'est-à-dire jouer un rôle déterminant en
politique et atteindre la gloire en conduisant la République.